Notes pour un bon usage des cours de photographie de l’Atelier pH.neutre

Notes pour un bon usage des cours de photographie de l'Atelier pH.neutre - "Le point de vue du Gras" 1926 Josef Nicéphore Nièpce. Saint Loup de VarennesCet article – Notes pour un bon usage des cours de photographie de l’Atelier pH.neutre – est recommandé avant de prendre rendez vous. Nombre de formules sur le web incite à cliquer pour s’inscrire, ici un entretien est nécessaire et même obligatoire. C’est la moindre des choses… Ni s’engager à apprendre, ni  transmettre ne peuvent se décider sans le sentiment, même vague, que l’échange va être possible…


cours de photographie de l’Atelier pH.neutre

La photographie est un Objet proposant de multiples entrées… C’est sans doute pour cela qu’elle est, et a toujours été, sujet de controverses… J’entends dire du meilleur et du pire… Alors listons ensemble quelques points de vue que nous ne pouvons pas [et ne souhaitons pas d’ailleurs] empêcher de circuler… pour établir un rapport personnel à la photographie et définir l’ éthique du cours de photographie de l’Atelier pH. neutre.

ÊTRE photographe, cela ne s’apprend pas ! FAUX : Le génie génial à qui tout sourit, les fées [ou autres personnages investis de pouvoirs surnaturels] se sont penchés sur son berceau et l’ont fait être photographe avant même de savoir parler. C’est oublier que les génies travaillent 24 heures sur 24… ! « Ça cogite dans le cerveau ! Jour et nuit ! » À reprendre l’histoire des photographes, nous nous apercevons de la formidable diversité d’entrées en photographie. Même les Grands photographes vont à l’école !

Au cours de photographie de l’Atelier pH.neutre, nous croyons au génie qui travaille ! Je rencontre des personnalités très diverses… Chacun et chacune arrive avec son idée de la photographie. Amplifier cette idée, la pousser pour la déployer et ouvrir pour progresser, c’est notre travail.

LA profession est sinistrée ! VRAI et FAUX ! : La sinistrose est une maladie indémodable. Je me rappelle, il y a quelques décennies, [dans les années 80], je cherchais un travail d’assistante [dans un premier temps] chez un photographe publicitaire. Des 60 appels par téléphone que j’ai passés, bon nombre de professionnels tentaient de me décourager en me dressant un portrait catastrophique des conditions de travail. Le 61ème appel fut le bon, le photographe avait besoin d’une assistante !

C’est vrai, la photographie [tout comme tant d’autres choses] vit une transformation autant du côté de son outillage, avec des appareils très sophistiqués, [mais jamais le matériel quel qu’il soit ne fera un.e photographe ! ], que du côté des pratiques, de la diffusion, de la consommation et de la perception des images. Une seule chose ne change jamais, décennies après décennies, avec ou sans révolution : Le désir [ou pas] de devenir photographe et de faire de la photographie !

Et puis : Le travail des collectifs et associations de photographes, c’est aussi de tirer la sonnette d’alarme, défendre et valoriser le travail  : ce que fait le collectif Tendance floue, [lors de l’émission de Brigitte Patient, Regardez voir, sur France Inter,  26 février 2017 ] Comment vivent les photographes aujourd’hui ; relayé dans une tribune du Journal Libération* [article : La photographie française étouffe 27 février 2017]. Ce que fait aussi l’APFP [Association pour la promotion des Fonds photographiques] qui sollicite régulièrement les Pouvoirs Publics pour la sauvegarde et la diffusion des fonds photographiques. Et tant d’autres…

Au cours de photographie de l’Atelier pH.neutre, nous nous battons contre la sinistrose pour continuer à faire la photographie que nous aimons. D’un côté nous nous propulsons sur la planète travail du matériau photographique dans toutes ses composantes, de l’autre [en fonction de l’avenir que projette chaque élève], nous prenons en compte la dimension économique et sociale.

« Les écoles de photographie fabriquent des chômeurs » ! FAUX ! C’est ce que dit à la 20ème minute [au cours de cette émission] François Cheval [qui a dirigé de nombreuses années le musée Nicéphore Nièpce et continue à œuvrer sous d’autres formes]. Alors là franchement, quand on a une parole publique et une audience, soulever les problèmes, c’est bien, dire que l’on est inquiet, c’est bien, mais pourquoi faire des commentaires des plus dévalorisants pour d’autres corps ? Les institutions publiques comme Arles, et grandes écoles dit-il… [et les autres ? structures privées et associatives ?]

FAUX ! Que cela soit -institutions publiques – grandes écoles – structures privées – petites écoles – structures associatives, jamais la totalité des personnes qui intègrent pendant un temps plus ou moins long un apprentissage [et c’est valable dans toutes les disciplines]jamais la totalité ne devient photographe… Il est par ailleurs question [dans cette émission] de la photographie documentaire, de la presse, du photojournalisme. Il existe de multiples façons de concevoir et de vivre avec la photographie. Il existe de nombreuses possibilités et de nombreux métiers avec et autour de la photographie.

Au cours de photographie de l’Atelier pH.neutre, nous ne méprisons personne ! Je n’adhère pas au consensus général du terme générique photographe. « Je suis photographe… ! » Ah oui ? photographe comment ? photographe de quoi ? quel genre de photographe ? Dans quel rapport à la photographie ? Avez vous remarqué : lorsque quelqu’un dit je suis photographe, une question  vient automatiquement : qu’est ce que vous photographiez ?

G. est venue pour améliorer sa prise de vue pour ses albums de famille – A. fait de la photographie culinaire – F. enseigne la photographie – D. fait des portraits de célébrités pour la presse, des photos de sport, et des reportages – F. photographe etNotes pour un bon usage des cours de photographie de l'Atelier pH.neutre[source web:http://www.sciencesaco.fr/?Qu-est-ce-que-la-lumiere] infographiste, défend une consommation de proximité – S. a créé une association autour de Photographie et territoires – J. travaille avec des architectes et continue sa création – B. expose régulièrement – C. expose, gagne des prix et réalise des commandes – P. voyage pour faire des photographies – E. a quitté son travail d’origine pour se former à l’iconographie /archives et patrimoine – C. a passé un CAP de photographe, [je l’ai préparée en 3 mois à l’option labo] a été assistante-édition dans une grande [et célèbre !] Agence de photographes, puis iconographe dans un grand magazine d’actualités – D. a ouvert sa propre agence de communication et expose régulièrement – O. continue la musique et la photographie – D. aussi est photographe et musicien, il travaille pour de nombreux journaux locaux dans sa région- F. a créé une société de productions transmédia/documentaires et interactifs – C. prof’d’université, écrit sur la biographie et pour des photographes contemporains – N. éditrice dans une grande maison d’édition a opté pour le cinéma – N. a gagné un prix à Bièvres et expose régulièrement – N. poursuit la scénographie et la photographie – P. qui vit à Oslo peint et photographie – C. qui vit au Mexique continue, j’en suis certaine – O. qui vit en Corse aussi et O. qui vit en Jordanie aussi. E. qui trouve du lien entre le vin et la photographie, réalise des reportages sur les vignobles en France, en Europe, en Amérique du Sud, en Afrique du Sud et en Californie – G. est photographe professionnel, spécialisé en architecture et lieux abandonnés, son livre est sorti en 2013 –

Toutes les personnes citées** [et pardon, je ne peux pas citer tout le monde !] sont passées à l’Atelier pH. neutre quelques mois ou quelques années, ayant déjà une vision de leur travail en photographie, ou pas. Pour certains et certaines ce passage a été long et fondateur d’un avenir et d’un devenir photographe. [N’y aurait-il de photographes que ceux et celles reconnu.e.s par les institutions ?]. Pour d’autres, le passage a été court et suffisant pour continuer le chemin.

Au cours de photographie de l’Atelier pH.neutre, nous ne présageons pas du devenir de chacun, nous y travaillons. J’impulse la reconnaissance d’une possibilité et l’histoire et «l’amour» [le goût si vous préférez] de la photographie ! Nous discutons, nous mettons les choses en contradiction pour y réfléchir. Nous apprenons, des bases que nous développons, tout ce qui permet de faire de la photographie. Nous apprenons à regarder ce que nous avons fait, pour le faire mieux encore… Je ne donne jamais de recettes. Je ne pars pas en prises de vue avec les élèves [derrière un viseur il n’y a de la place que pour un œil…]. Je ne promets pas un travail, mais nous évaluons les possibles pour chacun, et NON, nous ne fabriquons pas des chômeurs !

Au cours de photographie de l’Atelier pH.neutre, entendre dans quel rapport à la photographie, vous êtes, est la priorité.

  • Pour faire travailler votre compréhension de la technique, [nous travaillons avec un outillage mécanique, même quand il est électronique ! Ses sophistications diverses ne sont que des possibilités… Qui fait l’image : l’appareil ou vous ?].
  • Pour travailler sur les notions et les contenus, travailler avec son regard [qui fait aussi partie de l’outillage !] Un regard unique, qui se construit, s’aiguise, se rapproche de vos impressions et de vos émotions, de vos révoltes et de votre poésie personnelle. Un regard qui doit pouvoir se saisir de ce que vous avez vu pour le montrer.
  • Pour travailler ce matériau [la photographie] riche et complexe qui touche de multiples notions et parties.
  • Pour mettre en mouvement le projet de devenir photographe avec une approche holistique et homéopathique !

« Regarder moins qui permet de regarder mieux » est ma devise… ! [Colette Gourvitch 28 fév – 11 mars 2017]


* Signataires de l’article : l’agence Age Fotostock, l’agence AKG Images, les agences Andia France & Alpaca Productions, les agences Biosphoto & Photononstop, Bridgeman Images, l’agence La Collection, Divergence-Images, le studio Hans Lucas, l’agence Kharbine-Tapabor, l’agence Modds, l’agence Myop, l’agence Noor, Signatures, Maison de photographes, l’agence Picturetank, l’agence Plainpicture, l’agence Roger-Viollet, l’agence Rue des Archives, le collectif Tendance floue, l’agence VU, Saphir-Syndicat des Agences de presse photographiques d’information et de reportage (Agence FEP, AFP, Reuters, Associated Press, Magnum Photos, MaxPPP, Roger-Viollet, Presse-Sport, Sportissimo photo, Sportpixpress, Studio X, Agence Ciric), Snapig-Syndicat national des agences photographiques d’illustration générale.    

** J’indique les noms sous forme d’initiale par discrétion [et parce que je n’ai pas le temps de demander l’autorisation de figurer pour chacun et chacune.]


Cet article a 1 commentaire

  1. Super texte ! J’aime cette nouvelle présentation du site et je te souhaite plein de bonnes choses sur ces nouveaux chemins qui continuent les anciens.

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